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Asthme et vitamine D font bon ménage

Une étude américaine a mis en exergue une probable influence de la vitamine D sur l’asthme.

Les sardines, riches en vitamine DLes patients atteints d’asthme répondent de manière très variable aux corticoïdes inhalés, l’un des traitements phare de la maladie respiratoire. L’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine a proposé un élément de réponse à ce phénomène. Il a été démontré qu’une carence en vitamine D coïncidait avec un asthme moins bien contrôlé.

Les chercheurs ont suivi un groupe non fumeur de 54 personnes asthmatiques. Il a été établi, durant cette étude, que les personnes présentant les taux les plus élevés en vitamine D étaient celles qui possédaient la meilleure capacité pulmonaire. A l’inverse, les participants présentant une carence étaient bien plus souvent victimes d'une hyperréactivité bronchique.

Une carence en vitamine D a été associée à une hyperréactivité des voies respiratoires, une moins bonne capacité pulmonaire ainsi qu’à une réponse réduite aux glucocorticoïdes, qui possèdent un rôle important dans le traitement de l'asthme.

Ainsi, supplémenter la vitamine D chez les asthmatiques pourrait éventuellement être une piste pour améliorer l’asthme, mais aussi la réponse aux traitements.

American Journal of Respiratory and Critical Medicine, Vitamin D Levels, Lung Function and Steroid Response in Adult Asthma, 14 janvier 2010.

Les bougies comme source de pollution

Une étude révélée par l'American Chemistry Society alerte sur les dangers à long terme de l'usage des bougies d'intérieur à base de paraffine.

American Chemical SocietyElle est romantique et jolie, mais les scientifiques la pointent désormais du doigt. La bougie d'intérieur, disponible sous mille et une déclinaisons, n'a plus la côte et devient sujette à accusation quant à son rôle dans la pollution intérieure.

A l'occasion du 238ème meeting national de l'American Chemical Society (ACS), les docteurs R. Massoudi et A. Amidi ont mis en évidence le fait que les bougies à base de paraffine dégageaient des substances cancérigènes, telles que le benzène ou le toluène. En plus du risque de cancer, ces dernières auraient également un effet irritant sur les poumons et pourraient provoquer des crises d'asthme. Le phénomène est accentué proportionnellement en fonction du nombre de bougies allumées et, surtout, de la taille de la pièce. La ventilation est le moyen le plus efficace de réduire cette concentration.

"Les émissions d'une bougie en paraffine allumée occasionnellement ne vous affecteront pas automatiquement", déclare le docteur Hamidi. "Cependant, allumer simultanément plusieurs bougies en paraffine chaque jour pendant des années, ou à un rythme fréquent dans une salle de bain mal ventilée par exemple, peut causer des problèmes", ajoute-t-il. Les médecins suggèrent que les personnes ressentant des allergies dans leur maison puissent être directement victimes de ce type de polluant intérieur.

La recommandation est donc un usage très ponctuel de ces bougies en paraffine, majoritaires à la vente. Bon marché, elles sont surtout d'origine pétrochimique. Comme substitut, les docteurs Massoudi et Hamidi proposent les bougies en cire d'abeille ou cire de soja (huile de soja hydrogénée), plus coûteuses mais aussi plus saines.

Sources:

Romantic, candle-lit dinners: An unrecognized source of indoor air pollution (eng), 238th National Meeting of the American Chemical Society (ACS), 19 août 2009.
Paraffin candles in cancer warning (eng), Press Association via Yahoo UK, 19 août 2009.

L'asthme en trois actualités

Pressé(e) ? Le Journal de l'Asthmatique rassemble pour vous l'essentiel de l'actualité dans une revue de presse.

Les vacances d'hiver approchent, et avec elles la saison du ski. Si le sport n'est pas déconseillé aux asthmatiques, il est néanmoins recommandé d'être particulièrement vigilant. Comme le signale Destination Santé, l'observance de son traitement, et particulièrement celui destiné aux crises d'asthme, est primordial. Le froid pourrait en effet contribuer à déclencher plus facilement une exacerbation asthmatique.

Les températures hivernales ne sont d'ailleurs pas les seules à blâmer, puisqu'une étude américaine aurait mis en évidence que la pollution de l'air pourrait rendre la Ventoline moins efficace. Actualité News Environnement explique que certains composants de la pollution de l’air, tels que l’ozone et le dioxyde d’azote, peuvent réduire l'efficacité de la Ventoline à des niveaux variables. Prudence, donc.

Les recherches tâtonnent mais peu à peu la piste génétique se précise. Une étude américaine vient de démontrer qu'un gène pouvait être coupable d'augmenter de plus de 50 % la probabilité pour un enfant d'avoir de l'asthme. Le gène DEBNND1B provoquerait un enchainement de réactions qui ferait agir démesurément le système immunitaire face à des irritants. Le site Internet du Telegraph parle de cette découverte comme étant une aide sérieuse pour mener à un nouveau traitement.

Un espoir de traitement par le BCG

L’Institut Pasteur est sur la piste d'un traitement prometteur à partir d’une souche vaccinale non viable du BCG. Des résultats pour le moment expérimentaux.

Contrôler les réactions inflammatoires en régulant la réponse immunitaire, c’est ce qu'a obtenu l’Institut Pasteur sur des modèles expérimentaux. Cette découverte, réalisée conjointement avec l’Institut Butantan (Brésil) et l’Université Catholique de Louvain (Belgique), va prochainement s’appliquer à des essais cliniques sur l’homme.

Les résultats actuels, menés par le Professeur Gilles Marchal à l’Institut Pasteur, ont employé un BCG "tué après lyophilisation et déshydratation". Cette version adaptée du vaccin, appelée BCG EFD, permettrait des injections répétées dans le cadre d'un traitement. Chez les souris et le cobaye, il entraîne "des effets anti-inflammatoires intenses et dépourvus d’effets secondaires". Les animaux traités ne développent aucun symptôme asthmatique.

Techniquement, les effets anti-inflammatoires du BCG EFD sont dus à la production de lymphocytes T régulateurs et de cytokines anti-inflammatoires. Il induit une réponse immunitaire, qui, à son tour, permettra de contrôler les réactions inflammatoires de l’organisme durant une période pouvant se compter en plusieurs mois.

Ces résultats prometteurs suggèrent que cette souche non viable du BCG puisse devenir le premier immunorégulateur thérapeutique contre des maladies inflammatoires chroniques, telle que l’asthme.

Source: Le BCG pour traiter l'asthme?, communiqué de presse de l'Institut Pasteur, 15 janvier 2010.

Étude INVS : l'asthme aigu des enfants

L’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) a terminé une étude clinique d'un an sur un échantillon d'enfants hospitalisés en France durant une crise d'asthme.

Depuis une dizaine d’années, le nombre d’hospitalisations des adultes liées à une crise d’asthme a diminué. Comment expliquer que celui des enfants asthmatiques soit resté stable ? L’Institut de Veille Sanitaire (INVS) a tenté de fournir une réponse à travers une étude étendue sur un an en France en 2007. Quelques 727 hospitalisations ont ainsi été analysées sous plusieurs points grâce à des questionnaires remplis par 14 services pédiatriques d’établissements hospitaliers. Parmi les 695 enfants hospitalisés pour crise d’asthme, 61 % étaient des garçons et 39 % étaient des filles dont l’âge moyen était de 7 ans. Les motifs d’hospitalisations étaient le plus souvent la gravité initiale (51 %) ou l’absence de réponse au traitement (56 %).

Cette étude, très complète et précise sur l’environnement, le traitement, le contexte et les antécédents de l’enfant, fait écho à une récente étude canadienne qui avait mis en valeur la diminution des hospitalisations des enfants ayant bénéficié d’éducation thérapeutique. Associée à la mise à disposition d’un plan d’action en cas de crise, l’éducation thérapeutique a montré son efficacité dans la prise en charge des crises d’asthme. Ainsi, les patients et l’entourage mieux informés permettraient de réduire le recours aux hospitalisations et les passages aux urgences.

La conclusion fait état qu’un quart des hospitalisations pour asthme chez l’enfant concerne des patients dont la pathologie n’était pas connue auparavant. Il apparait qu’il existe une insuffisance de contrôle de l’asthme chez les enfants en France dû à un traitement de fond non adapté. Aucune estimation n’est cependant établie quant au nombre des hospitalisations pouvant être évitées. Ces dernières, justifiées par la gravité de la crise d’asthme, pourraient être diminuées par une meilleure adéquation du traitement de fond, une amélioration de l’éducation thérapeutique et probablement aussi par une amélioration du diagnostic. Le 25 mai 2009, des mesures avaient été prises par la Haute Autorité de la Santé pour faciliter le diagnostic de l’asthme chez les jeunes enfants.

Source:

Caractéristiques des enfants hospitalisés pour asthme aigu, étude réalisée dans 14 services de pédiatrie en France métropolitaine, 2007, INVS.